LA HENRIADE - Chant septième - Partie 2

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SUITE

 

 

 

 

 

Il dit, et dans l’instant l’un et l’autre s’avance

Vers les lieux fortunés qu’habite l’Innocence.

Ce n’est plus des enfers l’affreuse obscurité,

C’est du jour le plus pur l’immortelle clarté.

Henri voit ces beaux lieux, et soudain à leur vue,

Sent couler dans son âme une joie inconnue :

Les soins, les passions n’y troublent point les cœurs ;

La volupté tranquille y répand ses douceurs.

Amour, en ces climats tout ressent ton empire ;

Ce n’est point cet amour que la mollesse inspire ;

C’est ce flambeau divin, ce feu saint et sacré,

Ce pur enfant des cieux sur la terre ignoré.

De lui seul à jamais tous les cœurs se remplissent ;

Ils désirent sans cesse et sans cesse ils jouissent,

Et goûtent, dans les feux d’une éternelle ardeur,

Des plaisirs sans regrets, du repos sans langueur.

Là, règnent les bons rois qu’ont produits tous les âges ;

Là, sont les vrais héros ; là, vivent les vrais sages ;

Là, sur un trône d’or, Charlemagne et Clovis (1)

Veillent du haut des cieux sur l’empire des lis.

Les plus grands ennemis, les plus fiers adversaires,

Réunis dans ces lieux, n’y sont plus que des frères.

Le sage Louis douze (2), au milieu de ces rois,

S’élève comme un cèdre, et leur donne des lois.

Ce roi, qu’à nos aïeux donna le ciel propice,

Sur son trône avec lui fit asseoir la justice ;

Il pardonna souvent ; il régna sur les cœurs,

Et des yeux de son peuple il essuya les pleurs.

D’amboise (3) est à ses pieds, ce ministre fidèle

Qui seul aima la France, et fut seul aimé d’elle ;

Tendre ami de son maître, et qui, dans ce haut rang,

Ne souilla point ses mains de rapine et de sang.

O jours ! ô mœurs ! ô temps d’éternelle mémoire !

Le peuple était heureux, le roi couvert de gloire :

De ses aimables lois chacun goûtait les fruits.

Revenez, heureux temps, sous un autre Louis (4) !

 

Plus loin sont ces guerriers prodigues de leur vie,

Qu’enflamma leur devoir, et non pas leur furie ;

La Trimouille (5), Clisson, Montmorency, de Foy (6),

Guesclin (7), le destructeur et le vengeur des rois ;

Le vertueux Bayard (8), et vous brave amazone (9),

La honte des Anglais, et le soutien du trône.

 

« Ces héros, dit Louis, que tu vois dans les cieux

Comme toi de la terre ont ébloui les yeux ;

La vertu comme à toi, mon fils, leur était chère :

Mais, enfants de l’Eglise, ils ont chéri leur mère ;

Leur cœur simple et docile aimait la vérité ;

Leur culte était le mien : pourquoi l’as-tu quitté ? »

 

Comme il disait ces mots d’une voix gémissante,

Le palais des Destins devant lui se présente :

Il fait marcher son fils vers ces sacrés remparts,

Et cent portes d’airain s’ouvrent à ses regards.

 

Le Temps, d’une aile prompte et d’un vol insensible,

Fuit et revient sans cesse  à ce palais terrible ;

Et de là sur la terre il verse à pleines mains

Et les biens et les maux destinés aux humains.

Sur un autel de fer, un livre inexplicable

Contient de l’avenir l’histoire irrévocable :

La main de l’Eternel y marqua nos désirs,

Et nos chagrins cruels, et nos faibles plaisirs.

On voit la Liberté, cette esclave si fière,

Par d’invisibles nœuds en ces lieux prisonnière :

Sous un joug inconnu, que rien ne peut briser,

Dieu sait l’assujettir sans la tyranniser ;

A ses suprêmes lois d’autant mieux attachée,

Que sa chaîne à ses yeux pour jamais est cachée,

Qu’en obéissant même elle agit par son choix,

Et souvent aux destins pense donner des lois.

« Mon cher fils, dit Louis, c’est de là que la grâce

Fait sentir aux humains sa faveur efficace ;

C’est de ses lieux sacrés qu’un jour son trait vainqueur

Doit partir, doit brûler, doit embraser ton cœur.

Tu ne peux différer, ni hâter, ni connaître

Ces moments précieux dont Dieu seul est le maître.

Mais qu’ils sont encor loin ces temps, ces heureux temps

Où Dieu doit te compter au rang de ses enfants !

Que tu dois éprouver de faiblesses honteuses !

Et que tu marcheras dans des routes trompeuses !

Retranche, ô mon Dieu, des jours de ce grand roi,

Ces jours infortunés qui l’éloignent de toi. »

 

Mais dans ces vastes lieux quelle foule s’empresse ?

Elle entre à tout moment, et s’écoule sans cesse.

« Vous voyez, dit Louis, dans ce sacré séjour,

Les portraits des humains qui doivent naître un jour :

Des siècles à venir ces vivantes images

Rassemblent tous les lieux, devancent tous les âges.

Tous les jours des humains, comptés avant les temps,

Aux yeux de l’Eternel à jamais sont présents.

Le Destin marque ici l’instant de leur naissance,

L’abaissement des uns, des autres la puissance,

Les divers changements attachés à leur sort,

Leurs vices, leurs vertus, leur fortune, et leur mort.

 

Approchons-nous : le ciel te permet de connaître

Les rois et les héros qui de toi doivent naître.

Le premier qui paraît, c’est ton auguste fils (10) :

Il soutiendra longtemps la gloire de nos lis,

Triomphateur heureux du Belge et de l’Ibère ;

Mais il n’égalera ni son fils ni son père.’

Henri, dans ce moment, voit sur des fleurs de lis

Deux mortels orgueilleux auprès du trône assis :

Ils tiennent sous leurs pieds tout un peuple à la chaîne ;

Tous deux sont revêtus de la pourpre romaine ;

Tous deux sont entourés de gardes, de soldats :

Il les prend pour des rois… « Vous ne vous trompez pas ;

Ils le sont, dit Louis, sans en avoir le titre ;

Du prince et de l’Etat l’un et l’autre est l’arbitre.

Richelieu, Mazarin, ministres immortels,

Jusqu’au trône élevés de l’ombre des autels,

Enfants de la Fortune et de la Politique,

Marcheront à grands pas au pouvoir despotique.

Richelieu, grand, sublime, implacable ennemi ;

Mazarin, souple, adroit, et dangereux ami :

L’un (11) fuyant avec art, et cédant à l’orage ;

L’autre aux flots irrités opposant son courage ;

Des princes de mon sang ennemis déclarés ;

Tous deux haïs du peuple, et tous deux admirés ;

Enfin, par leurs efforts, ou par leur industrie,

Utiles à leurs rois, cruels à la patrie.

O toi, moins puissant qu’eux, moins vaste en tes desseins,

Toi dans le second rang le premier des humains,

Colbert, c’est sur tes pas que l’heureuse Abondance,

Fille de tes travaux, vient enrichir la France.

Bienfaiteur de ce peuple ardent à t’outrager (12),

En le rendant heureux, tu sauras t’en venger :

Semblable à ce héros, confident de Dieu même,

Qui nourrit les Hébreux pour prix de leur blasphème (13).

 

« Ciel ! Quel pompeux amas d’esclaves à genoux

Est aux pies de ce roi (14) qui les fait trembler tous :

Quels honneurs ! Quels respects ! Jamais roi dans la France

N’accoutuma son peuple à tant d’obéissance.

Je le vois comme vous, par la gloire animé,

Mieux obéi, plus craint, peut-être moins aimé.

Je le vois comme vous, par la gloire animé,

Je le vois, éprouvant des fortunes diverses ;

Trop fier dans ses succès, mais ferme en ses traverses ;

De vingt peuples ligués bravant seul tout l’effort,

Admirable en sa vie, et plus grand dans sa mort.

Siècle heureux  de Louis, siècle que la nature

De ses plus beaux présents doit combler sans mesure,

C’est toi qui dans la France amène les beaux-arts,

Sur toi tout l’avenir va porter ses regards ;

Les Muses à jamais y fixent leur empire ;

La toile est animée, et le marbre respire ;

Quels sages (15), rassemblés dans ces augustes lieux,

Mesurent l’univers, et lisent dans les cieux ;

Et, dans la nuit obscure apportant la lumière,

Sondent les profondeurs de la lumière entière ?

L’erreur présomptueuse à leurs aspect s’enfuit,

Et vers la vérité le doute les conduit (16).

 

Et toi, fille du ciel, toi, puissant harmonie,

Art charmant qui polis la Grèce et l’Italie,

J’entends de tous côtés ton langage enchanteur,

Et tes sons souverains de l’oreille et du cœur :

Français, vous savez vaincre et chanter vos conquêtes :

Il n’est point de lauriers qui ne couvrent vos têtes :

Un peuple de héros va naître en ces climats :

Je vois tous les Bourbons voler dans les combats.

A travers mille feux je vois Condé (17) paraître,

Tour à tour la terreur et l’appui de son maître :

Turenne, de Condé le généreux rival,

Moins brillant, mais plus sage, et du moins son égal.

Catinat (18) réunit, par un rare assemblage,

Les talents du guerrier et les vertus du sage.

Vauban (19) sur un rempart, un compas à la main,

Rit du bruit impuissant de cent foudres d’airain.

Malheureux à la cour, invincible à la guerre,

Luxembourg (20) fait trembler l’Empire et l’Angleterre.

 

«Regardez, dans Denain, l’audacieux Villars (21)

Disputant le tonnerre à l’aigle des Césars,

Arbitres de la paix, que la victoire amène,

Digne appui de son roi, digne rival d’Eugène.

Quel est ce jeune prince (22) en qui la majesté

Sur son visage aimable éclate sans fierté ?

D’un œil d’indifférence il regarde le trône :

Ciel ! Quelle nuit soudaine à mes yeux l’environne !

La mort autour de lui vole sans s’arrêter ;

Il tombe au pied du trône, étant près d’y monter.

O mon fils ! des Français vous voyez le plus juste ;

Les cieux te formeront de votre sang auguste.

Grand Dieu ! Ne faites-vous que montrer aux humains

Cette fleur passagère, ouvrage de vos mains ?

Hélas ! Que n’eût point fait cette âme vertueuse !

La France sous son règne eût été trop heureuse :

Il eût entretenu l’abondance et la paix ;

Mon fils, il eût compté ses jours par ses bienfaits ;

Il eût aimé son peuple. O jours remplis d’alarmes :

Oh ! Combien les Français vont répandre de larmes,

Quand sous la même tombe ils verront réunis

Et l’époux et la femme, et la mère et le fils !

 

« Un faible rejeton (23) sort entre les ruines

De cet arbre fécond coupé dans ses racines.

Les enfants de Louis, descendus au tombeau,

Ont laissé dans la France un monarque au berceau,

De l’Etat ébranlé douce et frêle espérance.

O toi, prudent Fleury, veille sur son enfance ;

Conduis ses premiers pas, cultive sous tes yeux

Du plus pur de mon sang le dépôt précieux !

Tout souverain qu’il est, instruis-le à se connaître :

Qu’il sache qu’il est homme en voyant qu’il est maître ;

Qu’aime de ses sujets, ils soient chers à ses yeux :

Apprends-lui qu’il n’est roi, qu’il n’est né que pour eux,

France, reprends sous lui ta majesté première,

Perce la triste nuit qui couvrait ta lumière ;

Que les arts, qui déjà voulaient t’abandonner,

De leurs utiles mains viennent te couronner !

L’Océan se demande en ses grottes profondes,

Où sont tes pavillons qui flottaient sur ses ondes.

Du Nil et de l’Euxin, de l’Inde et de ses ports,

Le Commerce t’appelle, et t’ouvre ses trésors (24).

Maintiens l’ordre et la paix, sans chercher la victoire ;

Sois l’arbitre des rois ; c’est assez pour ta gloire :

Il t’en a trop coûté d’en être la terreur (25).

 

« Près de ce jeune roi s’avance avec splendeur

Un héros (26) que de loin poursuit la calomnie,

Facile et non pas faible, ardent, plein de génie,

Trop ami des plaisirs, et trop des nouveautés,

Remuant l’univers du sein des voluptés.

Par des ressorts nouveaux sa politique habile

Tient l’Europe en suspens, divisée et tranquille.

Les arts sont éclairés par ses yeux vigilants ;

Né pour tous les emplois, il a tous les talents,

Ceux d’un chef, d’un soldat, d’un citoyen, d’un maître.

Il n’est pas roi, mon fils ; mais il enseigne à l’être (27). »

 

 

Alors dans un nuage, au milieu des éclairs,

L’étendard de la France apparut dans les airs ;

Devant lui d’Espagnols une troupe guerrière

De l’aigle des Germains brisait la tête altière.

« O mon père ! Quel est ce spectacle nouveau ?

Tout change, dit Louis, et tout a son tombeau.

Adorons du Très-Haut la sagesse cachée.

Du puissant Charles-Quint la race est retranchée.

L’Espagne, à nos genoux, vient demander des rois :

C’est un de nos neveux qui leur (28) donne des lois.

Philippe… » A cet objet, Henri demeure en proie

A la douce surprise, aux transports de sa joie ;

« Modérez, dit Louis, ce premier mouvement ;

Craignez encor, craignez ce grand événement.

Oui du sein de Paris, Madrid reçoit un maître !

Cet honneur à tous deux est dangereux peut-être.

O rois nés de mon sang ! ô Philippe ! ô mes fils !

France, Espagne, à jamais puissiez-vous être unis !

Jusqu’à quand voulez-vous, malheureux politiques (29),

Allumer les flambeaux des discordes publiques ? »

 

Il dit. En ce moment le héros ne vit plus

Qu’un assemblage vain de mille objets confus.

Du temple des Destins les portes se fermèrent,

Et les voûtes des cieux devant lui s’éclipsèrent.

 

L’Aurore cependant, au visage vermeil,

Ouvrit dans l’orient le palais du Soleil :

La nuit en d’autres lieux portait ses voiles sombres ;

Les Songes voltigeant fuyaient avec les ombres.

Le prince, en s’éveillant, sent au fond de son cœur

Une force nouvelle, une divine ardeur :

Ses regards inspiraient le respect et la crainte ;

Dieu remplissait son front de sa majesté sainte.

Ainsi, quand le vengeur des peuples d’Israël

Eut sur le mont Sina consulté l’Eternel,

Les Hébreux, à ses pieds couchés dans la poussière,

Ne purent de ses yeux soutenir la lumière.

 

 

 

LA HENRIADE - CHANT 7 - Partie 2 

 

 

1 – Il ne s’agit pas d’examiner dans un poème si Clovis et Charlemagne, François Ier, Charles V, etc., sont des saints ; il suffit qu’ils ont été de grands rois, et que dans notre religion on doit les supposer heureux, puisqu’ils sont morts en chrétiens. (1723.) (Voltaire.)

 

2 – Louis XII est le seul roi qui ait eu le surnom de père du peuple. (1730.) (Voltaire.)

 

3 – Sur ces entrefaites mourut George d’Amboise, qui fut justement aimé de la France et de son maître, parce qu’il les aimait tous deux également. (Mézeray, grande Histoire.) (1730.)

 

4 – Louis XV. (G.A.)

 

5 – Parmi plusieurs grands hommes de ce nom on a eu ici en vue Guy de La Trimouille, surnommé le Vaillant, qui portait l’oriflamme, et qui refusa l’épée de connétable sous Charles VI.

 

Clisson (le connétable de), sous Charles VI.

 

Montmorency. Il faudrait un volume pour spécifier les services rendus à l’Etat par cette maison. (1730.) (Voltaire.)

 

6 – Gaston de Foix, duc de Nemours, neveu de Louis XII, fut tué de quatorze coups à la célèbre bataille de Ravenne, qu’il avait gagnée. Dans quelques éditions on lisait Dunois. (1730.) (Voltaire.)

 

7 – Guesclin (le connétable de).Il sauva la France sous Charles V, conquit la Castille, mit Henri de Transtamare sur le trône de Pierre-le-Curel, et fut connétable de France et de Castille. (1730.)

 

8 – Bayard (Pierre du Terrail, surnommé le Chevalier sans peur et sans reproche). Il arma François Ier chevalier à la bataille de Marignan ; il fut tué en 1523, à la retraite de Rebec, en Italie. (1730.) (Voltaire.)

 

9 – Jeanne d’Arc, connue sous le nom de la Pucelle d’Orléans, servante d’hôtellerie, née au village de Domremy-sur-Meuse, qui, se trouvant une force de corps et une hardiesse au-dessus de son sexe, fut employée par le comte de Dunois pour rétablir les affaires de Charles VII. Elle fut prise dans une sortie à Compiègne, en 1430, conduite à Rouen, jugée comme sorcière par un tribunal ecclésiastique, également ignorant et barbare, et brûlée par les Anglais, qui auraient dû honorer son courage. (1730.)

 

Voici ce qu’on a écrit de plus raisonnable sur la Pucelle d’Orléans : c’est Monstrelet, auteur contemporain, qui parle :

 

« En l’an 1428, vint devers le roi Charles de France, à Chinon, où il se tenait, une pucelle, jeune fille âgée de vingt ans, nommée Jeanne, laquelle étoit vêtue et habillée en guise d’homme, et étoit des parties entre Bourgogne et Lorraine, d’une ville nommée Droimi, à présent Domremy, assez près de Vaucouleurs ; laquelle pucelle Jeanne fut grand espace de temps chambrière en une hôtellerie, et étoit hardie de chevaucher chevaux, les mener boire, et faire telles autres apertises et habiletés que jeunes filles n’ont point accoutumé de faire ; et fut mise à voye, et envoyée devers le roi, par un chevalier nommé messire Roger de Baudrencourt, capitaine, de par le roi, de Vaucouleurs, etc. »

 

On sait comment on se servit de cette fille pour ranimer le courage des Français, qui avaient besoin d’un miracle : il suffit qu’on l’ait crue envoyée de Dieu, pour qu’un poète soit en droit de la placer dans le ciel avec les héros (*). Mézeray dit tout bonnement que saint Michel, le prince de la milice céleste, apparut à cette fille, etc. Quoi qu’il en soit, si les Français ont été trop crédules sur la Pucelle d’Orléans, les Anglais ont été trop cruels en la faisant brûler ; car ils n’avaient rien à lui reprocher que son courage et leurs défaites. (1723.) (Voltaire.)

 

(*) Ainsi voilà Voltaire qui le premier fait l’apothéose de Jeanne d’Arc, une roturière, et c’est aux yeux de ses contemporains, une hardiesse telle que le poète doit chercher à s’en justifier. Voltaire n’en passe pas moins, de nos jours, pour avoir été l’insulteur acharné de l’héroïne. (G.A.)

 

10 – Louis XIII. (G.A.)

 

11 – Le cardinal Mazarin fut obligé de sortir du royaume en 1651, malgré la reine régente, qu’il gouvernait ; mais le cardinal de Richelieu se maintint toujours malgré ses ennemis, et même malgré le roi, qui était dégoûté de lui. (1730.) (Voltaire.)

 

12 – Le peuple, ce monstre féroce et aveugle, détestait le grand Colbert, au point qu’il voulut déterrer son corps ; mais la voix des gens sensés, qui prévaut à la longue, rendu sa mémoire à jamais chère et respectable. (1746.) (Voltaire.)

 

13 – A propos de cet éloge de Colbert, Condorcet, dans l’édition de Kehl, met en note une fort longue étude sur ce ministre, qui nous semble un hors d’œuvre. On en trouvera du reste la substance plus loin dans une autre note sur Sully du même auteur. (G.A.)

 

14 – Louis XIV. ( 1723.) (Voltaire.)

 

15 – L’académie des sciences, dont les mémoires sont estimés dans toute l’Europe. (1730.) (Voltaire.)

 

16 - Alors toutes ces idées étaient nouvelles. Personne n’avait encore affirmé aussi nettement que les vérités scientifiques devaient avoir raison des dogmes. Dans l’édition de 1723 on lisait, en place des derniers vers, un éloge de Descartes que Voltaire fit disparaître dès qu’il eut connu et adopté le système de Newton. (G.A.)

 

17 – Louis de Bourbon, appelé communément le grand Condé, et Henri, vicomte de Turenne, ont été regardés comme les plus grands capitaines de leur temps ; tous deux ont remporté de grandes victoires, et acquis de la gloire même dans leurs défaites. Le génie du prince de Condé semblait, à ce qu’on dit, plus propre pour un jour de bataille, et celui de M. de Turenne pour toute une campagne. Au moins est-il certain que M. de Turenne remporta des avantages sur le grand Condé à Gien, à Etampes, à Paris, à Arras, à la bataille des Dunes ; cependant on n’ose point décider quel était le plus grand homme. (1736.) (Voltaire.)

 

18 – Le maréchal de Catinat, né en 1637. Il gagna les batailles de Staffarde et de la Marseille, et obéit ensuite, sans murmurer, au maréchal de Villeroi, qui lui envoyait des ordres sans le consulter. Il quitta le commandement sans peine, ne se plaignit jamais de personne, ne demanda rien au roi, mourut en philosophe dans une petite maison de campagne à Saint-Gratien, n’ayant ni augmenté ni diminué son bien, et n’ayant jamais démenti un moment son caractère de modération. (1730.) (Voltaire.)

 

19 – Le maréchal de Vauban, né en 1633, le plus grand ingénieur qui ait jamais été, a fait fortifier, selon sa nouvelle manière, trois cents places anciennes, et en a bâti trente-trois ; il a conduit cinquante-trois sièges, et s’est trouvé à cent quarante actions ; il a laissé douze volumes manuscrits pleins de projets pour le bien de l’Etat, dont aucun n’a encore été exécuté. Il était de l’académie des sciences, et lui a fait plus d’honneur que personne, en faisant servir les mathématiques à l’avantage de sa patrie. (1730.) (Voltaire.)

 

20 – François-Henri de Montmorency, qui prit de nom de Luxembourg, maréchal de France, duc et pair, gagna la bataille de Cassel sous les ordres de Monsieur, frère de Louis XIV, remporta en chef les fameuses victoires de Mons, de Fleurus, de Steinkerque, de Nerwinde, et conquit des provinces au roi. Il fut mis à la Bastille, et reçut mille dégoût des ministres. (1730.) (Voltaire.)

 

21 – On s’était proposé de ne parler dans ce poème d’aucun homme vivant ; on ne s’est écarté de cette règle qu’en faveur du maréchal duc de Villars.

 

Il a gagné la bataille de Frédelingue et celle du premier Hochstedt. Il est à remarquer qu’il occupa dans cette bataille le même terrain où se posta depuis le duc de Marlborough, lorsqu’il remporta contre d’autres généraux cette grande victoire du second Hochstedt, si fatale à la France. Depuis, le maréchal de Villars, ayant repris le commandement des armées, donna la fameuse bataille de Blangis ou de Malplaquet, dans laquelle on tua vingt mille hommes aux ennemis, et qui ne fut perdue que quand le maréchal fut blessé.

 

Enfin, en 1712, lorsque les ennemis menaçaient de venir à Paris, et qu’on délibérait si Louis XIV quitterait Versailles, le maréchal de Villars battit le prince Eugène à Denain, s’empara du dépôt de l’armée ennemie à Marchiennes, fit lever le siège de Landrecies, prit Douai, le Quesnoy, Bouchain, etc., à discrétion, et fit ensuite la paix à Rastadt, au nom du roi, avec le même prince Eugène, plénipotentiaire de l’empereur. (1730.) (Voltaire.)

 

22 – Feu M. le duc de Bourgogne. (1723.) (Voltaire.)

 

23 – Ce poème fut composé dans l’enfance de Louis XV. (1733.) (Voltaire.)

 

24 – « Ces coups de pinceau sont de main de maître. Quelle touche et quelle ressemblance ! Devait-on s’attendre aux vers qui suivent ! » écrit encore le critique de 94. (G.A.)

 

25 – Si ce dernier trait était à l’adresse du dernier règne, les fautes du nouveau se trouvaient signalées six vers plus haut. On avait sacrifié notre marine pour obtenir et conserver l’alliance anglais. (G.A.)

 

26 – Vrai portrait de Philippe, duc d’Orléans, régent du royaume. (1746.) (Voltaire.)

 

27 – Voltaire voulait mettre ici une tirade sur le système de Lass. Voyez dans la CORRESPONDANCE, une lettre à Thiériot (13 Novembre 1725.) où les vers sont cités. (G.A.)

 

28 – Il faudrait lui. (G.A.)

 

29 – Dans le temps que cela fut écrit, la branche de France et la branche d’Espagne semblaient désunies. (1737.) (Voltaire.) − Cela a dû être écrit vers 1719. (G.A.)

 

 

 

 

 

Publié dans La Henriade

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meriaux 02/06/2011 11:46



si Voltaire était vivant il ne dirait plus que Candide est heureux dans son jardin mais devant internet



loveVoltaire 02/06/2011 13:53



Bonjour.


 


Il est vrai qu'avec toute la technicité de notre époque, Voltaire aurait eu moins de problèmes à mettre en ligne ces écrits... tout en contemplant son jardin fleuri.