JUGEMENT SUR VOLTAIRE de COUSIN

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 Photo de PAPAPOUSS

 

 

 

 

 

 

 

 

JUGEMENT SUR VOLTAIRE

 

De

 

 

COUSIN

 

 

1792 - 1867

 

 

HOMME POLITIQUE, PHILOSOPHE

 

 

 

 

 

 

 

            Qu’est-ce en effet que Voltaire ? Le bon sens un peu superficiel ; or, à ce degré, le bon sens mène toujours au doute. Voilà comment la philosophie habituelle de Voltaire consiste à n’épouser aucun système, et à se moquer un peu de tous ; c’est le scepticisme sous sa livrée la plus brillante et la plus légère.

 

         Avant que Voltaire connût l’Angleterre et Locke, il n’était pas Voltaire, et le XVIIIe siècle se cherchait encore… Voltaire reçut ses premières impressions de la société de Ninon et de la tradition affaiblie de la minorité sceptique du XVIIIe siècle. Il ne fut d’abord qu’un bel esprit frondeur. Pour convertir son humeur malicieuse en une opposition systématique et lui inspirer la passion infatigable, l’unité, le sérieux même sous le voile de la plaisanterie, qui firent de Voltaire un chef d’école, il fallut qu’il rencontrât dans un pays voisin… un grand parti en possession de toute une doctrine.

 

         … En arrivant en Angleterre, Voltaire n’était qu’un poète mécontent ; l’Angleterre nous le rendit philosophe, ami de l’humanité, soldat déclaré d’une grande cause ; elle lui donna une direction déterminée et un fonds d’idées sérieuses en tout genre, capable de défrayer une longue vie d’écrits solides et aussi d’épigrammes.

 

         … Voltaire a répandu, popularisé la philosophie de Locke. Il n’a, par lui-même, trouvé aucun principe ni même aucun argument nouveau, général ou particulier. Ce serait prendre trop au sérieux ce charmant esprit, ce prince des gens de lettres, que d’en faire un métaphysicien, encore bien moins un métaphysicien original.

 

         Voltaire, nous l’avons dit, c’est le bon sens superficiel. Il n’avait guère étudié la philosophie. Incapable de longues réflexions, un instinct heureux le portait d’abord du côté du vrai. Toutes les extrémités répugnaient à sa raison. Il avait un sentiment trop vif de la réalité pour se payer d’hypothèses, et trop de goût pour s’accommoder d’une doctrine qui eût eu le moins du monde l’apparence pédantesque. Il ne lui fallait pas même de bien hautes conceptions, des spéculations très profondes… Tout ce qui dépasse un certain point que peut atteindre d’une première vue un esprit prompt et juste, le surpasse. Son bon sens incline au doute. Le doute devient-il à son tour dogmatique, il l’abandonne ; il ne s’engage pas ; il craint le chimérique, et, par-dessus tout, le ridicule. Ajoutez à ces dispositions une âme naturellement amie du bien, quoique la passion et cette malheureuse vanité d’homme de lettres l’égarent souvent.

 

         … Il avait trouvé ce qu’il cherchait, une vérité philosophique un peu mondaine, ennemie des abstractions, des chimères de toute sorte, pleine de faits, d’observations intéressantes et judicieuses, et sceptique sans excès.

 

         … Rendons-lui cette justice que dans ses plus mauvais jours il n’a jamais douté de Dieu. Il a même pleinement admis la liberté… A quels excès ne l’a pas conduit la déplorable habitude de tourner tout en moquerie !

 

 

 

 

Histoire générale de la philosophie.

 

 

 

JUGEMENT COUSIN

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James 13/02/2011 07:18



Je veux bien de ce Cousin dans ma famille voltairienne, avec vous , Love .


Bon dimanche fleuri


 



loveVoltaire 13/02/2011 09:01






 


 


A vous aussi je souhaite un bon dimanche, mais plutôt ensoleillé ... A lyon, le soleil  brille par son absence.