ERIPHYLE - Partie 4 : Acte deuxième

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É R I P H Y L E

 

 

 

 

ACTE DEUXIÈME.

 

 

SCÈNE I.

 

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ALCMÉON, THÉANDRE.

 

 

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THÉANDRE.

 

Alcméon, c’est vous perdre. Avez-vous oublié

Que de votre destin ma main seule eut pitié ?

Ah ! Trop jeune imprudent, songez-vous qui vous êtes ?

Apprenez à cacher vos ardeurs indiscrètes.

De vos désirs secrets l’orgueil présomptueux

Eclate malgré vous, et parle dans vos yeux ;

Et j’ai tremblé cent fois que la reine offensée

Ne punît de vos vœux la fureur insensée.

Qui, vous, jeter sur elle un œil audacieux ?

Vous le fils de Phaon ! Esclave ambitieux,

Faut-il vous voir ôter, par vos fougueux caprices,

L’honneur de vos exploits, le fruit de vos services,

Le prix de tant de sang versé dans les combats ?

 

ALCMÉON.

 

Pardonne, cher ami, je ne me connais pas.

Je l’avoue ; oui, la reine et la grandeur suprême

Emportent tous mes vœux au-delà de moi-même.

J’ignore pour quel roi ce bras a triomphé :

Mais, pressé d’un dépit avec peine étouffé,

A mon cœur étonné c’est un secret outrage

Qu’un autre enlève ici le prix de mon courage ;

Que ce trône ébranlé, dont je fus le rempart,

Dépende d’un coup d’œil ou se donne au hasard.

Que dis-je ? Hélas ! Peut-être est-il le prix du crime !

Mais non. N’écoutons point le transport qui m’anime ;

Hermogide … à quel roi me faut-il obéir ?

Quoi ! Toujours respecter ceux que l’on doit haïr !

Ah ! Si la vertu seule, et non pas la naissance…

 

THÉANDRE.

 

Ecoutez. J’ai sauvé, j’ai chéri votre enfance ;

Je vous tins lieu de père, orgueilleux Alcméon ;

J’en eus l’autorité, la tendresse et le nom.

Vous passez pour mon fils ; la fortune sévère,

Inégale en ses dons, pour vous marâtre et mère,

De vos jours conservés voulut mêler le fil

De l’éclat le plus grand et du sort le plus vil.

Sous le nom de soldat et de fils de Théandre,

Aux honneurs d’un sujet vous avez pu prétendre.

Vouloir monter plus haut, c’est tomber sans retour.

On saura le secret que je cachais au jour ;

Les yeux de cent rivaux éclairés par leurs haines

Verront sous vos lauriers les marques de vos chaînes.

Reconnu, méprisé, vous serez aujourd’hui

La fable des Etats dont vous étiez l’appui.

 

ALCMÉON.

 

Ah ! C’est ce qui m’accable et qui me désespère.

Il faut rougir de moi, trembler au nom d’un père ;

Me cacher par faiblesse aux moindres citoyens,

Et reprocher ma vie à ceux dont je la tiens.

Préjugés malheureux ! Eclatante chimère

Que l’orgueil inventa, que le faible révère,

Par qui je vois languir le mérite abattu

Aux pieds d’un prince indigne, ou d’un grand sans vertu.

Les mortels sont égaux : ce n’est point la naissance,

C’est la seule vertu qui fait leur différence.

C’est elle qui met l’homme au rang des demi-dieux ;

Et qui sert son pays n’a pas besoin d’aïeux (1).

Princes, rois, la fortune a fait votre partage :

Mes grandeurs sont à moi ; mon sort est mon ouvrage :

Et ces fers si honteux, ces fers où je naquis,

Je les ai fait porter aux mains des ennemis.

Je n’ai plus rien du sang qui m’a donné la vie ;

Il a dans les combats coulé pour la patrie :

Je vois ce que je suis et non ce que je fus,

Et crois valoir au moins des rois que j’ai vaincus (2).

 

THÉANDRE.

 

Alcméon, croyez-moi, l’orgueil qui vous inspire,

Que je dois condamner, et que pourtant j’admire,

Ce principe éclatant de tant d’exploits fameux,

En vous rendant si grand, vous fait trop malheureux.

Contentez-vous, mon fils, de votre destinée ;

D’une gloire assez haute elle est environnée.

On doit…

 

ALCMÉON.

 

Non, je ne puis ; au point où je me vois,

Le faîte des grandeurs n’est plus trop haut pour moi.

Je le vois d’un œil fixe, et mon âme affermie

S’élève d’autant plus que j’eus plus d’infamie.

A l’aspect d’Hermogide une secrète horreur

Malgré moi, dès longtemps, s’empara de mon cœur ;

Et cette aversion, que je retiens à peine,

S’irrite et me transporte au seul nom de la reine.

 

THÉANDRE.

 

Dissimulez du moins.

 

 

1 – Voltaire a transporté dans Mérope et ailleurs quelques-uns de ces beaux vers. (G.A.)

 

2 – Ce sont de tels vers qui faisaient écrire sournoisement à l’abbé Le Blanc : « Otez quelques morceaux contre les grands, contre les princes et contre la superstition, rien n’est à lui, et la pièce n’aurait pas trois représentations. » (G.A.)

 

 

 

 

SCÈNE II.

 

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ALCMÉON, THÉANDRE, POLÉMON.

 

 

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POLÉMON.

 

La reine en cet instant

Veut ici vous parler d’un objet important.

Elle vient ; il s’agit du salut de l’empire.

 

 

ALCMÉON.

 

Elle épouse Hermogide ! Eh ! Qu’a-t-elle à me dire ?

 

 

THÉANDRE.

 

Modérez ces transports. Sachez vous retenir.

 

 

ALCMÉON.

 

Pour la dernière fois je vais l’entretenir.

 

 

 

 

SCÈNE III.

 

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ÉRIPHYLE, ALCMÉON, ZÉLONIDE, SUITE.

 

 

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ÉRIPHYLE.

 

C’est à vous, Alcméon, c’est à votre victoire

Qu’Argos doit son bonheur, Eriphyle sa gloire.

C’est par vous que, maîtresse et du trône et de moi,

Dans ces murs relevés je puis choisir un roi.

Mais, prête à le nommer, ma juste prévoyance

Veut s’assurer ici de votre obéissance.

J’ai de nommer un roi le dangereux honneur :

Faites plus, Alcméon, soyez son défenseur.

 

ALCMÉON.

 

D’un prix trop glorieux ma vie est honorée :

A vous servir, madame, elle fut consacrée.

Je vous devais mon sang, et quand je l’ai versé,

Puisqu’il coula pour vous je fus récompensé.

Mais telle est de mon sort la dure violence,

Qu’il faut que je vous trompe ou que je vous offense.

Reine, je vais parler : des rois humiliés

Briguent votre suffrage et tombent à vos pieds ;

Tout vous rit : que pourrais-je, en ce séjour tranquille,

Vous offrir qu’un vain zèle et qu’un bras inutile ?

Laissez-moi fuir des lieux où le destin jaloux

Me ferait, malgré moi, trop coupable envers vous.

 

ÉRIPHYLE.

 

Vous me quittez ! ô dieux ! Dans quel temps !

 

ALCMÉON.

 

Les orages

Ont cessé de gronder sur ces heureux rivages ;

Ma main les écarta. La Grèce en ce grand jour

Va voir enfin l’Hymen, et peut-être l’Amour,

Par votre auguste voix nommer un nouveau maître.

Reine, jusqu’aujourd’hui vous avez pu connaître

Quelle fidélité m’attachait à vos lois,

Quel zèle inaltérable échauffait mes exploits.

J’espérais à jamais vivre sous votre empire :

Mes vœux pourraient changer, et j’ose ici vous dire

Que cet heureux époux, sur ce trône monté,

Eprouverait en moi moins de fidélité,

Et qu’un sujet soumis, dévoué, plein de zèle,

Peut-être à d’autres lois deviendrait un rebelle.

 

ÉRIPHYLE.

 

Vous, vivre loin de moi ? Vous, quitter mes Etats ?

La vertu m’est trop chère, ah ! Ne me fuyez pas.

Que craignez-vous ? Parlez : il faut ne me rien taire.

 

ALCMÉON.

 

Je ne dois point lever un regard téméraire

Sur les secrets du trône, et sur ces nouveaux nœuds

Préparés par vos mains pour un roi trop heureux.

Mais de ce jour enfin la pompe solennelle

De votre choix au peuple annonce la nouvelle.

Ce secret dans Argos est déjà répandu :

Princesse, à cet hymen on s’était attendu.

Ce choix sans doute est juste, et la raison le guide ;

Mais je ne serai point le sujet d’Hermogide.

Voilà mes sentiments : et mon bras aujourd’hui,

Ayant vaincu pour vous, ne peut servir sous lui.

Punissez ma fierté, d’autant plus condamnable,

Qu’ayant osé paraître, elle est inébranlable.

 

(Il veut sortir.)

 

ÉRIPHYLE.

 

Alcméon, demeurez ; j’atteste ici les dieux,

Ces dieux qui sur le crime ouvrent toujours les yeux,

Qu’Hermogide jamais ne sera votre maître ;

Sachez que c’est à vous à l’empêcher de l’être ;

Et contre ses rivaux, et surtout contre lui,

Songez que votre reine implore votre appui.

 

ALCMÉON.

 

Qu’entends-je ! Ah ! Disposez de mon sang, de ma vie.

Que je meure à vos pieds en vous ayant servie !

Que ma mort soit utile au bonheur de vos jours !

 

ÉRIPHYLE.

 

C’est de vous seul ici que j’attends du secours.

Allez : assurez-vous des soldats dont le zèle

Se montre à me servir aussi prompt que fidèle.

Que de tous vos amis ces murs soient entourés ;

Qu’à tout événement leurs bras soient préparés.

Dans l’horreur où je le suis, sachez que je suis prête

A marcher s’il le faut, à mourir à leur tête.

Allez.

 

 

 

 

SCÈNE IV.

 

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ÉRIPHYLE, ZÉLONIDE, SUITE.

 

 

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ZÉLONIDE.

 

Que faites-vous ? Quel est votre dessein ?

Que veut cet ordre affreux ?

 

ÉRIPHYLE.

 

Ah ! Je succombe enfin.

Dieux ! Comme en lui parlant, mon âme déchirée

Par des nœuds inconnus se sentait attirée !

De quels charmes secrets mon cœur est combattu !

Quel état … Achevons ce que j’ai résolu.

Je le veux : étouffons des indignes alarmes.

 

ZÉLONIDE.

 

Vous parlez d’Alcméon, et vous versez des larmes !

Que je crains qu’en secret une fatale erreur …

 

ÉRIPHYLE.

 

Ah ! Que jamais l’amour ne rentre dans mon cœur !

Il m’en a trop coûté : que ce poison funeste

De mes jours languissants ne trouble point le reste !

Zélonide, sans lui, sans ses coupables feux,

Mon sort dans l’innocence eût coulé trop heureux.

Mes malheurs ont été le prix de mes tendresses.

Ah ! barbare ! est-ce à toi d’éprouver des faiblesses ?

Déchiré des remords qui viennent m’alarmer,

Ce cœur plein d’amertume est-il fait pour aimer ?

 

ZÉLONIDE.

 

Eh ! Qui peut à l’amour nous rendre inaccessibles !

Les cœurs des malheureux n’en sont que plus sensibles.

L’adversité rend faible, et peut-être aujourd’hui…

 

ÉRIPHYLE.

 

Non, ce n’est point l’amour qui m’entraîne vers lui ;

Non, un dieu plus puissant me contraint à me rendre

L’amour est-il si pur ? L’amour est-il si tendre ?

Je l’ai connu cruel, injuste, plein d’horreur,

Entraînant après lui le meurtre et la fureur.

Irais-je encor brûler d’une ardeur insensée ?

Mais, hélas ! Puis-je lire au fond de ma pensée ?

Ces nouveaux sentiments qui m’ont su captiver,

Dont je nourris le germe, et que j’ose approuver,

Peut-être ils n’ont pour moi qu’une douceur trompeuse,

Peut-être ils me feraient coupable et malheureuse.

 

ZÉLONIDE.

 

Dans une heure au plus tard on attend votre choix.

Qu’avez-vous résolu ?

 

ÉRIPHYLE.

 

D’être juste une fois.

 

ZÉLONIDE.

 

Si vous vous abaissez jusqu’au fils de Théandre,

D’Amphiaraüs encor c’est outrager la cendre.

 

ÉRIPHYLE.

 

Cendres de mon époux, mânes d’Amphiaraüs,

Mânes ensanglantés, ne me poursuivez plus !

Sur tous mes sentiments le repentir l’emporte :

L’équité dans mon cœur est enfin la plus forte.

Je suis mère, et je sens que mon malheureux fils

Joint sa voix à la vôtre et sa plainte à vos cris.

Nature, dans mon cœur si longtemps combattue,

Sentiments partagés d’une mère éperdue,

Tendre ressouvenir, amour de mon devoir,

Reprenez sur mon âme un absolu pouvoir.

Moi régner ! Moi bannir l’héritier véritable !

Ce sceptre ensanglanté pèse à ma main coupable.

Réparons tout : allons ; et vous, dieux dont je sors

Pardonnez des forfaits moindres que mes remords.

 

(A sa suite.),

 

Qu’on cherche Polémon. Ciel ! Que vois-je ? Hermogide !

 

 

 

SCÈNE V.

 

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ÉRIPHYLE, HERMOGIDE, ZÉLONIDE, EUPHORBE,

 

SUITE DE LA REINE.

 

 

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HERMOGIDE.

 

Madame, je vois trop le transport qui vous guide,

Je vois que votre cœur sait peu dissimuler ;

Mais les moments sont chers, et je dois vous parler.

Souffrez de mon respect un conseil salutaire ;

Votre destin dépend du choix qu’il vous faut faire.

Je ne viens point ici rappeler des serments

Dictés par votre père, effacés par le temps ;

Mon cœur, ainsi que vous, doit oublier, madame,

Les jours infortunés d’une inutile flamme ;

Et je rougirais trop, et pour vous, et pour moi,

Si c’était à l’amour à nous donner un roi.

Un sentiment plus digne et de l’un et de l’autre

Doit gouverner mon sort et commander au vôtre.

Vos aïeux et les miens, les dieux dont nous sortons,

Cet Etat périssant si nous nous divisons,

Le sang qui nous a joints, l’intérêt qui nous lie,

Nos ennemis communs, l’amour de la patrie,

Votre pouvoir, le mien, tous deux à redouter,

Ce sont là les conseils qu’il vous faut écouter.

Bannissez pour jamais un souvenir funeste ;

Le présent nous appelle, oublions tout le reste.

Le passé n’est plus rien : maître de l’avenir,

Le grand art de régner doit seul nous réunir.

Les plaintes, les regrets, les vœux sont inutiles :

C’est par la fermeté qu’on rend les dieux faciles.

Ce fantôme odieux qui vous trouble en ce jour,

Qui naquit de la crainte, et l’enfante à son tour,

Doit-il nous alarmer par tous ses vains prestiges ?

Pour qui ne les craint point, il n’est point de prodiges :

Ils sont l’appât grossier des peuples ignorants,

L’invention du fourbe et le mépris des grands (1).

Pensez en roi, madame, et laissez au vulgaire

Des superstitions le joug imaginaire.

 

ÉRIPHYLE.

 

Quoi ! Vous…

 

HERMOGIDE.

 

Encore un mot, madame, et je me tais.

Le seul bien de l’Etat doit remplir vos souhaits :

Vos n’avez plus les noms et d’épouse et de mère,

Le ciel vous honora d’un plus grand caractère,

Vous régnez ; mais songez qu’Argos demande un roi.

Vous avez à choisir, vos ennemis, ou moi ;

Moi, né près de ce trône, et dont la main sanglante

A soutenu quinze ans sa grandeur chancelante ;

Moi, dis-je, ou l’un des rois, sans force et sans appui,

Que mon lieutenant seul a vaincus aujourd’hui.

Je me connais ; je sais que, blanchi sous les armes,

Ce front triste et sévère a pour vous peu de charmes.

Je sais que vos appas, encor dans leur printemps,

Devraient s’effaroucher de l’hiver de mes ans :

Mais la raison d’Etat connaît peu ces caprices ;

Et de ce front guerrier les nobles cicatrices

Ne peuvent se couvrir que du bandeau des rois.

Vous connaissez mon rang, mes attentats, mes droits ;

Sachant ce que j’ai fait, et voyant où j’aspire,

Vous me devez, madame, ou la mort ou l’empire.

Quoi ! Vos yeux sont en leurs, et vos esprits troublés…

 

ÉRIPHYLE.

 

Non, seigneur, je me rends ; mes destins sont réglés :

On le veut, il le faut ; ce peuple me l’ordonne,

C’en est fait : à mon sort, seigneur, je m’abandonne.

Vous, lorsque le soleil descendra dans les flots.

Trouvez-vous dans ce temple avec les chefs d’Argos.

A mes aïeux, à vous, je vais rendre justice :

Je prétends qu’à mon choix l’univers applaudisse ;

Et vous pourrez juger si ce cœur abattu

Sait conserver sa gloire et chérir la vertu.

 

HERMOGIDE.

 

Mais, madame, voyez …

 

ÉRIPHYLE.

Dans mon inquiétude,

Mon esprit a besoin d’un peu de solitude ;

Mais jusqu’à ces moments que mon ordre a fixés,

Si je suis reine encor, seigneur, obéissez.

 

 

1 – Encore des vers qui indignaient l’abbé Le Blanc. (G.A.)

 

 

 

 

SCÈNE VI.

 

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HERMOGIDE, EUPHORBE.

 

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HERMOGIDE.

 

Demeure : ce n’est pas au gré de son caprice

Qu’il faut que ma fortune et que mon cœur fléchisse ;

Et je n’ai pas versé tout le sang de mes rois,

Pour dépendre aujourd’hui du hasard de son choix.

Parle : as-tu disposé cette troupe intrépide,

Ces compagnons hardis du destin d’Hermogide ?

Contre la reine même osent-ils me servir ?

 

EUPHORBE.

 

Pour vos intérêts seuls ils sont prêts à périr.

 

HERMOGIDE.

 

Je saurai me sauver du reproche et du blâme

D’attendre pour régner les bontés d’une femme.

Je fus vingt ans sans maître, et ne puis obéir.

Le fruit de tant de soins est lent à recueillir.

Mais enfin l’heure approche, et c’était trop attendre

Pour suivre Amphiaraüs ou régner sur sa cendre.

Mon destin se décide ; et si le premier pas

Ne m’élève à l’empire, il m’entraîne au trépas.

Entre le trône et moi tu vois le précipice.

Allons, que ma fortune y tombe, ou le franchisse.

 

 

 

RS-70

 

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