DICTIONNAIRE PHILOSOPHIQUE : L comme LOIS CIVILES ET ECCLESIASTIQUES

Publié le par loveVoltaire

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 Photo de PAPAPOUSS (ISLANDE)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L comme LOIS CIVILES ET ECCLÉSIASTIQUES.

 

 

 

 

 

          On a trouvé dans les papiers d’un jurisconsulte ces notes, qui méritent peut-être un peu d’examen :

 

          Que jamais aucune loi ecclésiastique n’ait de force que lorsqu’elle aura la sanction expresse du gouvernement. C’est par ce moyen qu’Athènes et Rome n’eurent jamais de querelles religieuses. Ces querelles sont le partage des nations barbares ou devenues barbares.

 

          Que le magistrat seul puisse permettre ou prohiber le travail les jours de fête, parce qu’il n’appartient pas à des prêtres de défendre à des hommes de cultiver leurs champs.

 

          Que tout ce qui concerne les mariages dépende uniquement du magistrat, et que les prêtres s’en tiennent à l’auguste fonction de les bénir.

 

          Que le prêt à intérêt soit purement un objet de la loi civile, parce qu’elle seule préside au commerce.

 

          Que tous les ecclésiastiques soient soumis en tous les cas au gouvernement, parce qu’ils sont sujets de l’Etat.

 

          Que jamais on n’ait le ridicule honteux de payer à un prêtre étranger la première année du revenu d’une terre que des citoyens ont donnée à un prêtre concitoyen.

 

          Qu’aucun prêtre ne puisse jamais ôter à un citoyen la moindre prérogative, sous prétexte que ce citoyen est pécheur, parce que le prêtre pécheur doit prier pour les pécheurs et non les juger.

 

          Que les magistrats, les laboureurs et les prêtres payent également les charges de l’Etat, parce que tous appartiennent également à l’Etat.

 

          Qu’il n’y ait qu’un poids, une mesure, une coutume.

 

          Que les supplices des criminels soient utiles. Un homme pendu n’est bon à rien, et un homme condamné aux ouvrages publics sert encore la patrie, et est une leçon vivante.

 

          Que toute loi soit claire, uniforme et précise : l’interpréter, c’est presque toujours la corrompre.

 

          Que rien ne soit infâme que le vice.

 

          Que les impôts ne soient jamais que proportionnels.

 

          Que la loi ne soit jamais en contradiction avec l’usage : car si l’usage est bon, la loi ne vaut rien (1) (2).

 

L comme LOIS CIVILES ET ECCLESIASTIQUES

 

 

1 – Voyez le poème de la Loi naturelle. (à venir. LV.)

 

2 – Tous ces vœux pour l’uniformité des poids et mesures, pour la proportionnalité de l’impôt, pour une constitution civile du clergé, etc., se retrouvent dans les cahiers du tiers état en 1789. Quant à l’abolition de la peine de mort, c’est un des vœux les plus énergiques de la démocratie du dix-neuvième siècle. (G.A.)

 

 

 

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James 24/10/2012 07:10


A l'heure où certains esprits embrumés pronent des lois contre le blasphême (ce qui est un blasphême contre la simple liberté en soi ), il est bon de relire ces articles, et il serait excellent ,
comme vous le faites, LoveV, de les faire mieux connaitre .


Je suis soulagé et heureux de vous relire après votre absence inquiétante à mes yeux, connaissant votre régularité habituelle . Bonne continuation LoveV avec mes affectueuses pensées

loveVoltaire 24/10/2012 19:43



Bonsoir, Mister James,


 


Oui, j'ai été un peu malade, comme toute la population lyonnaise en ce moment,  mais tout est rentré dans l'ordre.


 


Je travaille actuellement sur le poème LOI NATURELLE pour le mettre en ligne rapidement... Encore de belles lignes à lire, vous n'en doutez pas
!


Ah ce Voltaire !