Présentation

  • : Monsieur de Voltaire
  • Monsieur de Voltaire
  • : 16/10/2008
  • : Correspondance voltairienne pour découvrir ou re-découvrir VOLTAIRE
  • Retour à la page d'accueil

Rechercher

Derniers Commentaires

Vendredi 23 mars 2012 5 23 /03 /Mars /2012 19:19

CORRESPONDANCE-1745---Partie-8.jpg

 

Photo de PAPAPOUSS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

à M. le comte Algarotti

Parigni, 27 giugno.

 

 

         Signor mio illustrissimo, e principe colendissimo, o l’esercito del duca di Lobkowitz, o l’ammiraglio Martin a intercettato le lettere che o avuto l’onore di scrivere a vostra eccellenza. Le o scritto due volte, e le o mandato un esemplare del poema che ho composto sopra la vittoria di Fontenoy ; ho indirizzato il piego come l’avevate prescritto. Potete dubitare ch’io fossi tardo nel ringraziarvi del sommo onore che m’avevate fatto ? Mene ricordero sempre ; e qual barbaro potrebbe mai dimenticarsi di tanti vezzi e del vostro bell’ ingegno ? Avete guadagnato più d’un cuore in Francia, fra gli Alemanni, e sotto il polo. O che fate bene adesso di passare i vostri belli giorni a Venezia, quando tutta l’Europa è matta da catena, e che la guerra fa un campo d’orrore di tanti matti ! Il vostro re di Prussia, che non è più il vostro (1), ha battuto atrocemente i vostri Sassoni. Il nostro re ha rintuzzato l’intrepido furore degl’ Inglesi, e mentre che la tromba assorda tutte le orecchie,

 

.  .  .  .  .  .  .  .  Tu, Tityre, lentus in umbra,

Formosam resonare doces Amaryllida lacus.

 

VIRG. Ecl. I.

 

 

         Aspetto colla più viva impazienza la Vita di Giulio Cesare. La quale ho sentito che avevate scritta. Il cogetto è più grande è più movente, che quello della Vita di Cicerone, che ha, pigliato Middleton. Vi prego di dirmi quando la vostra bell’ opera uscirà in pubblico.

 

         Emilia è sempre interrata nei profondi e sacri orrori di Newton ; io sono costretto di fare corone di fiori pel moi re, e di vagheggiare le Muse.

 

         Mi parlate della sanità del gran conte di Sassonia ; i suoi allori sono stati il più salutare rimedio che potesse sanarlo ; va meglio dopo che ha battuto i nostri amici gl » Inglesi ; la vittoria l’ha invigorito.

 

         Maupertuis cangia di patria, si fa prussiano, ed abbandona affato Parigi per Berlino. Il re di Prusia gli dà dodeci mila franchi ogni anno ; accetta egli quel che io o rigiutato ; i miei amici sono nel moi cuore avanti di tutti i monarchi e governatori del mondo.

 

         Addio, caro conte ; le rassegno intanto l’immutabilità della mia divozione nel baciarle riverentemente le mani, e nel dirmi di vostra eccelenza.

 

         Umilissimo ed affezionatissimo servidore.

 

 

1 – Algarotti était retourné à Venise. (G.A.)

 

 

 

 

 

à M. le marquis d’Argenson

28 Juin 1745 (1).

 

 

         On prétend, monseigneur, que vous donnerez bientôt une paix glorieuse : il n’y a que cela au-dessus d’une victoire. Votre nom sera aussi cher à la nation qu’à moi. J’ajouterai un acte pour vous à ma fête. Daignez protéger mon petit paquet pour Amsterdam. Je me souviens d’une certaine lettre pour Edimbourg (2) ; si vous l’aviez encore, vous pourriez aisément l’envoyer à l’abbé de La Ville (3), qui la mettrait tout simplement à la poste. J’abuse horriblement de vos bontés,

 

 

O et præsidium et dulce decus meum.

 

 

         La tête me tourne de vers et de fêtes.

 

 

1 – Editeurs de Cayrol et A. François. (G.A.)

 

2 – Le prétendant Charles-Edouard était parti pour l’Ecosse depuis le 12 Juin. (G.A.)

 

3 – Ministre de France à La Haye. (G.A.)

 

 

 

 

 

à M. le marquis d’Argenson

A Champs, 4 Juillet 1745 (1).

 

 

         Vous allez donc, monseigneur, faire le siège d’Oudenarde (2) ; mais on dit que tout va mal en Allemagne, et que vous allez repasser le Rhin. Si cela est, vous avez quitté le solide pour le brillant, et ce n’était pas la peine de donner l’exclusion au grand-duc pour le voir empereur dans trois mois (3) ; Mais ce ne sont pas là mes affaires ; je n’ai qu’à vous chanter. J’ai travaillé à faire de mon Fontenoy un monument. Je vous supplie de protéger cette lettre qui contient douze vers au moins ; ce sont pour moi douze traites. Est-ce que M. votre fils est revenu ? je lui présente donc mes respects.

 

         O maudite guerre ! ne finiras-tu point ? Quand chanterai-je la paix et M. d’Argenson ? Major convictor et actor !

 

 

1 – Editeurs, de Cayrol et A. François. (G.A.)

 

2 – Oudenarde se rendit le 14 Juillet. (G.A.)

 

3 – L’élection de François se fit à Francfort le 13 Septembre. (G.A.)

 

 

 

 

 

à Madame la Marquise de Pompadour

 

 

 

Sincère et tendre Pompadour

(Car je peux vous donner d’avance

Ce nom qui rime avec l’amour,

Et qui sera bientôt le plus beau nom de France).

Ce tokai dont votre excellence

Dans Etiolles me régala

N’a-t-il pas quelque ressemblance

Avec le roi qui le donna ?

Il est, comme lui, sans mélange ;

Il unit, comme lui, la force et la douceur,

Plaît aux yeux, enchante le cœur,

Fait du bien et jamais ne change.

 

 

         Le vin que m’apporta l’ambassadeur manchot (1) du roi de Prusse (qui n’est pas manchot), derrière son tombereau d’Allemagne, qu’il appelait carrosse, n’approche pas du tokai que vous m’avez fait boire. Il n’est pas juste que le vin d’un roi du Nord égale celui d’un roi de France, surtout depuis que le roi de Prusse a mis de l’eau dans son vin par sa paix de Breslau (2).

 

         Dufresny a dit, dans une chanson, que les rois ne se faisaient la guerre que parce qu’ils ne buvaient jamais ensemble ; il se trompe : François Ier avait soupé avec Charles-Quint, et vous savez ce qui s’ensuivit. Vous trouverez, en remontant plus haut, qu’Auguste avait fait cent soupers avec Antoine. Non, madame, ce n’est pas le souper qui fait l’amitié, etc.

 

 

1 – Camas. (G.A.)

 

2 – En 1742. (G.A.)

 

 

 

 

 

à M. de Maupertuis

Paris, samedi 31 Juillet 1745.

 

 

         On dit que vous partez (1) ce soir. Si cela est, je suis bien plus à plaindre d’être malade que je ne pensais. Je comptais venir vous embrasser, et je suis privé de cette consolation. J’avais beaucoup de choses à vous dire. S’il est possible que vous passiez dans la rue Traversière (2), où je suis actuellement souffrant, vous verrez un des hommes qui ont toujours eu le plus d’admiration pour vous, et à qui vous laissez les plus tendres regrets.

 

 

1 – Pour Berlin. (G.A.)

 

2 – Voltaire y demeurait alors. (G.A.)

 

 

 

 

à M. le marquis d’Argenson

Le 10 Août 1745.

 

 

         Je viens, monseigneur, de recevoir le portrait du plus joufflu saint-père que nous ayons eu depuis longtemps. Il a l’air d’un bon diable et d’un homme qui sait à peu près ce que tout cela vaut. Je vous remercie de ces deux faces de pontife du meilleur de mon cœur ; je crois que, sans vous, ces deux visages-là, qu’on m’envoyait, se seraient en allés en brouet d’andouille (1). L’abbé de Tolignan, le cardinal Aquaviva, l’abbé de Canillac, ne se seraient point entendus pour me faire avoir les bénédictions papales si vous n’aviez eu la bonté d’écrire. Vous devriez bien dire au roi très chrétien combien je suis un sujet très chrétien.

 

         Quand aurez-vous pris Ostende (2) ? Quand aurez-vous fait un empereur ? quand aurez-vous la paix ? Je n’en sais  rien ; mais j’espère vous faire ma cour en octobre, pénétré de vos bontés.

 

 

1 – N’aboutir à rien de précis.

 

2 – Ostende fut prise le 23 Août. (G.A.)

 

 

 

 

à BENOIT XIV, PAPE.

Parigi, 17 agosto.

 

 

         Beatissimo Padre, ho ricevuto coi sensi della più profonda venerazione, e della gratitudine la più viva, i sacri medaglioni de’ quali vostra santità s’è degnata onorarmi. Sono degni del bel secolo dei Trajani ed Antonini ; ed è ben giusto che un sovrano amatore riverito al par di loro, abbia le sue medaglie perfettamente come le loro lavorate. Teneva e riveriva io nel moi gabinetto una stampa di vostra beatitudine, sotto la quale ho preso l’ardire di scrivere :

 

 

Lambertinus hic est, Romæ decus et pater orbis,

Qui scriptis mundum docuit, virtutibus ornat.

 

 

         Questa inscrizione, che almeno è giusta, fu il frutte della lettura che avevo fatta del libro con cui vostra beatitudine ha illustrata la chiesa e la letteratura ; ed ammiravo come il nobil fiume di tanta erudizione non fosse stato turbato dal tanto turbine degli affari.

 

         Mia sia lecito, beatissimo padre, di porgere i miei voti contutta la cristianità, e di domandare al cielo che vostra, santità sia tardissimamente ricevuta tra que’ santi dei quali ella, con si gran fatica e successo, ha investigato la canonizzazione (1).

 

         Mi conceda di caciare umilissimamente i sacri suoi piedi, e di domandarle, col più profondo rispetto, la sua benedizione.

 

         Di vostra beatitudine il divotissimo, umilissimo ed obbligatissimo servitore. VOLTAIRE (2).

 

 

1 – Benoît XIV a écrit un Traité de la Béatification et de la Canonisation. (G.A.)

 

2 – Voyez, en tête de Mahomet, la dédicace au pape, datée du même jour. (G.A.)

 

 

 

 

 

 

CORRESPONDANCE 1745 - Partie 8

 

Par loveVoltaire - Publié dans : Correspondance 1740 à 1749
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil
 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés