HISTOIRE DE L'ÉTABLISSEMENT DU CHRISTIANISME - 1776 - Partie 27

Publié le par loveVoltaire

HISTOIRE DE L'ÉTABLISSEMENT DU CHRISTIANISME - 1776 - Partie 27

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CHAPITRE XVI.

 

De Constantin.

 

 

 

 

          Voici ce qu’on peut recueillir des panégyriques et des satires de Constantin, et de toutes les contradictions dont l’esprit de parti a enveloppé l’époque dans laquelle le christianisme fut solennellement établi.

 

          On ne sait point où Constantin naquit. Tous les auteurs s’accordent à lui donner le césar Constance Chlore ou le Pâle pour père. Tous conviennent qu’on a fait une sainte d’Hélène, sa mère. Mais on dispute encore sur cette sainte. Fut-elle épouse de Constance Chlore ? fut-elle sa concubine ? Si Constantin fut bâtard qu’il est inutile de nommer.

 

          Quoi qu’il en soit, il était fort triste d’être le beau-père, ou le beau-frère, ou le neveu, l’allié, ou le frère, ou le fils, ou la femme, ou le domestique, ou même, si l’on veut encore, le cheval de Constantin.

 

          A commencer par ses chevaux, lorsqu’il partit de Nicomédie pour aller trouver son père, qu’on disait malade, ou chez les Gaulois, ou chez nous, il fit tuer tous les chevaux qu’il avait montés sur la route, dans la crainte d’être poursuivi sur les mêmes chevaux par l’empereur Galérius, qui ne songeait point du tout à le poursuivre, puisqu’il ne fit courir personne après lui.

 

          Pour ses domestiques, il fallait qu’ils lui baisassent les pieds tous les jours, dès qu’il fut empereur. Cela n’était que gênant ; mais il fit périr Sopater et les principaux officiers de sa maison ; cela est plus dur. A l’égard de son fils Crispus, on sait assez qu’il lui fit couper la tête sans autre forme de procès. Sa femme Fausta, il l’a fit étouffer dans un bain. Ses trois frères, il les tint longtemps en exil à Toulouse : il ne les tua pas ; mais son fils, l’empereur Constantin II, en tua deux. Pour son neveu Lucinien, il ne le manqua pas ; il le fit assassiner à l’âge de douze ans. Son beau-frère Licinius, il le fit étrangler après avoir dîné avec lui dans Nicomédie, et lui avoir fait le serment de le traiter en frère. Son autre beau-frère Bassien, il était déjà expédié avant Licinius. Son beau-père, Maximien Hercule, ce fut le premier dont il se défit à Marseille, sur le prétexte spécieux que ce beau-père, accablé de vieillesse, venait l’assassiner dans son lit. Mais il faut bien pardonner cette multitude de fratricides à un homme qui tint le concile de Nicée, et qui d’ailleurs passait ses jours dans la voluptueuse. Comment ne pas le révérer, après que Jésu-Christ lui-même lui envoya un étendard dans les nuées ; après que l’Eglise l’a mis au rang des saints, et qu’on célèbre encore sa fête le 21 mai chez les pauvres Grecs de Constantinople et dans les églises russes ?

 

          Avant d’examiner son concile de Nicée, il faut dire un mot de son fameux labarum qui lui apparut dans le ciel. C’est une aventure très curieuse.

 

 

 

 

 

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