SIECLE DE LOUIS XIV - CATALOGUE - Écrivains - Partie 4 - B

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SIECLE DE LOUIS XIV - CATALOGUE - Écrivains - Partie 4 - B

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CATALOGUE

 

DE LA PLUPART DES ÉCRIVAINS FRANÇAIS

 

QUI ONT PARU DANS LE SIÈCLE DE LOUIS XIV,

 

Pour servir à l’histoire littéraire de ce temps.

 

 

 

 

______________

 

 

 

 

 

 

 

BOUDIER (René, de La Jousselinière)

 

? - ?

 

 

Auteur de quelques vers naturels. Il fit en mourant, à quatre-vingt-dix ans, son épitaphe :

 

J’étais poète, historien ;

Et maintenant je ne suis rien.

 

 

 

 

 

BOUHIER (Jean)

 

1673 - 1746

 

 

Président du parlement de Dijon. Son érudition l’a rendu célèbre. Il a traduit en vers français quelques morceaux d’anciens poètes latins. Il pensait qu’on ne doit pas les traduire autrement ; mais ses vers font voir combien c’est une entreprise difficile. (*)

 

 

* C’est lui que Voltaire remplaça à l’Académie française. (G.A.)

 

 

 

 

 

BOUHOURS (Dominique)

 

1628 - 1702

 

 

Jésuite, né à Paris en 1628. La langue et le bon goût lui ont beaucoup d’obligations. Il a fait quelques bons ouvrages dont on a fait de bonnes critiques : Ex privatis odiis respubica crescit.

 

La vie de saint Ignace de Loyola, qu’il composa, n’a réussi ni chez les gens du monde, ni chez les savants, ni chez les philosophes. Celle de Xavier a été plus mal reçue. Ses Remarques sur la langue, et surtout sa Manière de bien penser sur les ouvrages d’esprit, seront toujours utiles aux jeunes gens qui voudront se former le goût ; il leur enseigne à éviter l’enflure, l’obscurité, le recherché, et le faux ; s’il juge trop sévèrement en quelques endroits le Tasse et d’autres auteurs italiens, il les condamne souvent avec raison. Son style est pur et agréable. Ce petit livre de la manière de bien penser blessa les Italiens, et devint une querelle de nation ; on sentait que les opinions de Bouhours, appuyées de celles de Boileau, pouvaient tenir lieu de lois. Le marquis Orsi et quelques autres composèrent deux gros volumes pour justifier quelques vers du Tasse.

 

Remarquons que le P. Bouhours ne serait guère en droit de reprocher des pensées fausses aux Italiens, lui qui compare Ignace de Loyola à César, et François-Xavier à Alexandre, s’il n’était tombé rarement dans ces fautes. Mort en 1702.

 

 

 

 

 

BOUILLAUD (Ismaël) (*)

 

1605 - 1694

 

 

De Loudun, né en 1605, savant dans l’histoire et dans les mathématiques. Comme tous les astronomes de ce siècle, il se mêla d’astrologie, ainsi qu’on le voit dans les lettres que lui écrivait Desnoyers, ambassadeur en Pologne, et depuis secrétaire d’Etat ; c’était alors un moyen de faire la cour aux gens puissants. Confugiendum ad astrologiam, astronomiœ altricem, disait Kepler. Mort en 1694.

 

 

* Ou plutôt BOULLIAU. (G.A.)

 

 

 

 

 

BOULAINVILLIERS (Henri, comte de)

 

? - 1722

 

 

Le plus savant gentilhomme du royaume dans l’histoire, et le plus capable d’écrire celle de France, s’il n’avait pas été trop systématique. Il appelle notre gouvernement féodal le chef-d’œuvre de l’esprit humain. Le système féodal pourrait mériter le nom de chef-d’œuvre en Allemagne ; mais en France il ne fut qu’un chef d’œuvre d’anarchie. Il regrette les temps où les peuples, esclaves de petits tyrans ignorants et barbares, n’avaient ni industrie, ni commerce, ni propriété ; et il croit qu’une centaine de seigneurs, oppresseurs de la terre et ennemis du roi, composaient le plus parfait des gouvernements. Malgré ce système, il était excellent citoyen, comme, malgré son faible pour l’astrologie judiciaire, il était philosophe de cette philosophie qui compte la vie pour peu de chose, et qui méprise la mort. Ses écrits, qu’il faut lire avec précaution, sont profonds et utiles. On a imprimé, à la fin de ses ouvrages, un gros Mémoire pour rendre le roi de France plus riche que tous les autres monarques ensemble. Il est évident que cet ouvrage n’est pas du comte de Boulainvilliers ; cependant tous ces petits écrivains politiques, qui gouvernent l’Etat dans leur grenier, citent cette rapsodie. Mort vers l’an 1720. (*)

 

 

* En 1722. (G.A.)

 

 

 

 

 

BOURCHENU (Jean-Pierre)

 

1651 - 1730

 

 

Marquis de Valbonais, né à Grenoble en 1651. Il voyagea dans sa jeunesse, et se trouva sur la flotte d’Angleterre à la bataille de Solbaye. Il fut depuis premier président de la chambre des comptes du Dauphiné. Sa mémoire est chère à Grenoble pour le bien qu’il fit, et aux gens de lettres pour ses grandes recherches. Ses Mémoires sur le Dauphiné furent composés dans le temps qu’il était aveugle, et sur les lectures qu’on lui faisait. Mort en 1730.

 

 

 

 

 

BOURDALOUE (Louis)

 

1632 - 1704

 

 

Né à Bourges, en 1632, jésuite ; le premier modèle des bons prédicateurs en Europe. Mort en 1704.

 

 

 

 

 

BOURSAULT (Edme)

 

1638 - 1701

 

 

Né en Bourgogne en 1638. Ses Lettres à Babet, estimées de son temps, sont devenues, comme toutes les lettres dans ce goût, l’amusement des jeunes provinciaux. On joue encore sa comédie d’Ésope. Mort en 1701.

 

 

 

 

 

BOURSIER (Laurent-François)

 

1679 - 1749

 

 

De la société de Sorbonne, né en 1679, auteur du fameux livre de l’action de Dieu sur les créatures, ou de la prémotion physique. C’est un ouvrage profond par les raisonnements fortifié par beaucoup d’érudition, et orné quelquefois d’une grande éloquence ; mais l’attachement à certains dogmes peut ravir à ce célèbre écrit beaucoup de sa solidité et de sa force. L’auteur ressemble à un homme d’Etat qui, en voulant établir des lois générales, les corrompt par des intérêts de famille. Il est trop difficile d’allier les systèmes sur la grâce avec le grand système de l’action éternelle et immuable de Dieu sur tout ce qui existe. Il faut avouer qu’il n’y a que deux manières philosophiques d’expliquer la machine du monde  ou Dieu a ordonné une fois, et la nature obéit toujours ; ou Dieu donne continuellement à tout l’être et toutes les modifications de l’être ; un troisième parti est inexplicable.

 

          Il est dit dans le nouveau Dictionnaire historique, littéraire, critique, et janséniste, que « Boursier, semblable à l’aigle, s’élève en haut, et trempe sa plume dans le sein de Dieu ». On ne voit pas trop comment Dieu peut servir de cornet à M. Boursier. Voilà la première fois qu’on ait comparé Dieu à la bouteille à l’encre (*). Mort en 1749.

 

 

* Cet article, surtout ce mot, est bien connu. (G.A.)

 

 

 

 

 

BOURZEIS (Amable de)

 

1606 - 1672

 

 

Né en Auvergne en 1606, auteur de plusieurs ouvrages de politique et de controverse. Silhon et lui sont soupçonnés d’avoir composé le Testament politique attribué au cardinal de Richelieu (*). Mort en 1672.

 

 

* Voyez l’article Richelieu. (G.A.)

 

 

 

 

 

BREBEUF (Guillaume de)

 

1618 - 1661

 

 

Né en Normandie en1618. Il est connu par sa traduction de la Pharsale ; mais on ignore communément qu’il a fait le Lucain travesti. Mort en1661.

 

 

 

 

 

BRETEUIL (Gabrielle-Émilie Le Tonnelier de)

 

1706 - 1749

 

 

Marquise du Châtelet, née en 1706. Elle a éclairci Leibnitz, traduit et commenté Newton, mérite fort inutile à la cour, mais révéré chez toutes les nations qui se piquent de savoir, et qui ont admiré la profondeur de son génie et de son éloquence. De toutes les femmes qui ont illustré la France, c’est celle qui a eu le plus de véritable esprit, et qui a moins affecté le bel esprit. Morte en 1749. (*)

 

 

* Faisons remarquer avec quelle mesure et quelle dignité Voltaire parle de sa maîtresse. (G.A.)

 

 

 

 

 

BRIENNE (Henri-Auguste de Loménie de)

 

? - 1666

 

 

Secrétaire d’Etat. Il a laissé des Mémoires. Il serait utile que les ministres en écrivissent, mais non tels que ceux qui sont rédigés depuis peu sous le nom du duc de Sully (*). Mort en 1666.

 

 

* Mémoires de Sully, rédigés par Lécluse. (G.A.)

 

 

 

 

 

BRUEYS (L’abbé de)

 

1639 - 1723

 

 

Né en Languedoc en 1639. Dix volumes de controverse qu’il a faits auraient laissé son nom dans l’oubli ; mais la petite comédie du Grondeur, supérieure à toutes les farces de Molière, et celle de l’Avocat Patelin, ancien monument de la naïveté gauloise qu’il rajeunit, le feront connaître tant qu’il y aura en France un théâtre. Palaprat l’aida dans ces deux jolies pièces. Ce sont les seuls ouvrages de génie que deux auteurs aient composés ensemble. Mort en 1723.

 

          On croit devoir relever ici un fait très-singulier qui se trouve dans un recueil d’Anecdotes littéraires (*), 1750, chez Durand, tome II, page 369. Voici les paroles de l’auteur : « Les amours de Louis XIV ayant été jouées en Angleterre, Louis XIV voulut faire jouer aussi celles du roi Guillaume. L’abbé Brueys fut chargé par M. de Torcy de faire la pièce ; mais, quoique applaudie, elle ne fut pas jouée. »

 

          Remarquez que ce recueil d’Anecdotes, qui est rempli de pareils contes, est imprimé avec approbation et privilège ; jamais on ne joua les amours de Louis XIV sur aucun théâtre de Londres, et on sait que le roi Guillaume n’eut jamais de maîtresse. Quand il en aurait eu, Louis XIV était trop attaché aux bienséances pour ordonner qu’on fit une comédie des amours de Guillaume ; M. de Torcy n’était pas homme à proposer une chose si impertinente ; enfin l’abbé Brueys ne songea jamais à composer ce ridicule ouvrage qu’on lui attribue. On ne peut trop répéter que la plupart de ces recueils d’anecdotes, de ces ana, de ces mémoires secrets, dont le public est inondé, ne sont que des compilations faites au hasard par des écrivains mercenaires.

 

 

* Par l’abbé Raynal. (G.A.)

 

 

 

 

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